Retour vers le futur


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Cartoon translated to english by Jean-Claude Maitre cómic traducido al español por Roberto Poveda Comics traduzidos em português por Conceição
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« Nous ressentons tous que le monde devient difficile, que le futur est inquiétant ou tout au moins qu’il nous interroge. On peut penser que, dans les conditions qui sont les nôtres, la méditation nous permettrait d’acquérir un certain bien-être, une sérénité. Pourtant, la méditation ne peut être réduite à une simple méthode d’apaisement. Certes, la paix intérieure est nécessaire, fondamentale même, mais ce n’est que pour mieux travailler sur la matière de nos vies. Pour le Zen, et je dirais pour le bouddhisme tout entier, être bien ne peut être la finalité mais la condition du chemin. Nous avons besoin d’un socle fait de confiance et de lucidité pour entrer en réel contact avec nous-mêmes. Le Zen n’est pas une méthode de gestion de soi ou d’adaptation au monde, c’est une pratique de la provocation. On provoque ses propres aveuglements, ses propres colères, ses propres avidités. Kôdô Sawaki, un maître zen japonais disait : la pratique du Zen n’est rien d’autre que la pratique de la perte. Le mot est fort. Mais j’entends là la volonté de ne pas se conforter, de ne pas se satisfaire, mais d’aller au plus profond de soi, au risque même de ne plus être du tout en paix. » (Eric Rommeluère).

Zem est publié toutes les semaines sur le portail international du bouddhisme : Buddhachannel

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Tous les dessins de ce site “Zem apprenti maître Zen” sont mis à disposition par leur créateur Frédéric Baylot selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. Pour toute publication sur un site ou blog Web, ou pour obtenir des autorisations au-delà du champ de cette licence merci de me contacter.

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3 réflexions sur “Retour vers le futur

  1. Oui, »au risque de ne plus être en paix du tout »… Le Zen, dans la civilisation occidentale, est en quelque sorte une « pièce rapportée ». Il répond à un besoin de combler les manques spirituels de notre condition matérialiste. Le siècle des lumières, en développant la libre pensée a aussi élargit l’idée du divin mais sans réfléchir aux conséquences d’un rejet trop brutal des religions qui nous avaient si profondément conditionnés de générations en générations. Il est très difficile de déraciner en nous la culpabilité. Le Zen est accessible, bienfaisant, mais le comprendre vraiment exige d’y consacrer son existence entière, tout comme la prière chrétienne et la gnose. Tous les termes employés pour parler de notre quête sont réduits à néant par la puissante société matérialiste que nous nourrissons tous avec application, car il est impossible d’envisager renoncer à la satisfaction de nos désirs, induits, factices mais transformés en véritables raisons de vivre. En effet, quoi de plus douteux que vivre sur cette terre en prétendant ne pas y appartenir, ne faire que passer. Pouvons nous vivre en moines quand rien ne nous y avait appelé? Nous ne sommes pas en paix car nous ne croyons pas à la simplicité, rien ne nous permet plus d’y croire, alors qu’elle est là, immuable, disponible, indifférente… Ce futur qui inquiète est une construction mentale, une fois de plus induite. Le futur a toujours fait peur et la peur est un bon outil pour les bâtisseurs du néant !
    Enfin, rien de grave dans tout ça, ce n’est qu’un reflet, un éclat passager…
    Bonne soirée !

    1. Je suis bien d’accord avec ta conclusion. En même temps le zen ne fait pas que répondre à un manque spirituel, il est une Voie en lui-même, comme d’autres, la mondialisation a aussi « profité » à la connaissance des Voies mystiques du monde entier. Concernant « Les Lumières » elles luttaient à leur manière contre le pouvoir opprimant de la superstition. Plus que des excès matérialistes elles opposaient un excès de « mentalisation », d’intellectualisation, d’idéologies. Mais on ne peut pas dire qu’en même temps ne sortaient pas des Voies spirituelles (de l’esprit) comme les Rose+Croix ou la Franc-Maçonnerie et ensuite Auguste Comte, les Saint-Simmoniens etc… Bien sûr on n’y a pas trouvé de « Voie idéale » (sic) mais y-en-a-t-il ? En faut-il une ?
      Notre société ne me semble pas matérialiste, ou tout du moins ce n’est pas là son principal défaut. Au contraire de l’attrait au matériel on peut surtout lui reprocher de nous avoir inculqué le rejet du matériel et l’attirance pour le virtuel. Ainsi nous ne sommes pas prisonniers de « nos » (sic) Ipad mais de celui qui va sortir dans le futur entraînant non pas un surplus de matériels, mais un surplus de déchets « obsolètes » (sic). Nous n’avons plus (guère) de points fixes et stables et vivons dans une ère du zap, clip, mac, tag. Si le zen par sa vision globale peut apporter une aide à la stabilité et à l’action plus juste (compassion et sagesse) que versatile cela entraîne aussi la résurgence des mouvements qui vont opposer à cela la fixité totale, comme tous les extrémismes fondamentalistes religieux ou politiques qui promettent par un retour au passé impossible un futur bienheureux (comme si le passé avait été bienheureux).
      Le zen ne peut être, et n’est pas, une voie du retour sur soi, de retrait du monde, mais bien une voie de l’engagement, de l’action, c’est toute la problématique de la Voie de la Grandeur (Mahayana) relire le Sûtra de Vimalakirti par exemple.
      Merci à toi pour ce partage
      chaleureusement et au plaisir de l’échange

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