« La révolte qui attend pour naître le moment où le malheur vous atteint personnellement n’a rien d’authentique et ne portera jamais de fruits.Et l’absence de haine n’implique pas nécessairement l’absence d’une élémentaire indignation morale. » Etty Hillesum


 

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cómic traducido por Roberto Poveda - Blog : Huellas Zen

 

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19 réflexions sur “« La révolte qui attend pour naître le moment où le malheur vous atteint personnellement n’a rien d’authentique et ne portera jamais de fruits.Et l’absence de haine n’implique pas nécessairement l’absence d’une élémentaire indignation morale. » Etty Hillesum

  1. Tout à fait d’accord sous réserve d’exception d’urgence.
    La confusion entre « Révolte » et « Désir de vengeance » est fréquente car si la première n’est pas systématiquement la conséquence de l’autre, le Désir de vengeance est souvent le coup de pouce qui fait passer de la désaprobation (pensée) à l’action « correctrice ».
    Pensées cordiales.

    1. Françoise, merci de ton commentaire, je pense que tu commentes la phrase en titre
      Etty vivait pendant la seconde guerre mondiale, puisqu’elle en est morte assassinée par les nazis comme des millions de juifs
      Son langage bien que très moderne, reste teinté de ses connaissances de l’époque
      Je traduirais ses mots en langage contemporain de l’action non-violente gandhienne de telle manière :

      La révolte qui attend pour naître le moment où vous êtes personnellement touché ou où cela devient insoutenable, éclate en violence non maîtrisée. Il ne s’agit pas d’être « gentil » mais il s’agit de toujours s’indigner et agir avec non-violence mais rapport de force

      cela n’engage que moi :mrgreen:

      chaleureusement

      frédéric

  2. Ca me rappelle une expérience personnelle, où je croyais (plusieurs années en arrière, 7 exactement) avoir atteint cet état de plénitude et de neutralité et où j’ai écrit un essai et couché cela sur papier. La vie n’a pas tardé (deux mois au plus après la fin de l’écrit) à me proposer LE test grandeur nature (symbolisé dans ton dessin par le pot de fleur) : la première chose que j’ai jetée fut cet essai se terminant par ces paroles auxquelles j’agréais mais qui n’avaient plus aucun sens. La souffrance, l’ébranlement de mes fondations furent plus forts que mon enracinement.
    Bonne journée Frédéric.
    Bien amicalement, Marie

    1. En effet Marie, la plénitude, la sérénité, la non-violence ne sont que des mots
      ce sont les situations de la vie, avec leur force, leur violence, qui font qu’on peut dire que nous sommes dans la plénitude et/ou la non-violence… ou pas

      chaleureusement

      frédéric

  3. PS : je suis restée ciblée sur le dessin. Mon commentaire ci-dessus vaut pour la mise en image et la bulle.
    Quant à l’indignation citée par Etty, je suis tout à fait d’accord (toujours par expérience – la vie m’a appris à attendre l’expérience et m’appuyer sur elle avant de donner un avis) pour dire qu’elle n’a pas à entraîner de la haine. On peut s’indigner du plus profond de soi, se révolter, et néanmoins ne pas haïr mais là aussi, ce n’est pas 100 % de réussite à chaque fois, sauf pour les « élus » ;-D

  4. Mon expérience contredit la première phrase de cette citation. C’est au moment où quelque chose nous atteint qu’on peut ouvrir les yeux sur la souffrance des autres, non ?

    1. oui je comprends tout à fait Mifa

      Cette phrase que j’ai choisie pour illustrer le dessin (eh oui je fonctionne à l’envers, « parlant le dessin » je prends des phrases pour les illustrer :mrgreen: ) semble difficile à saisir actuellement, je pense que le vocabulaire a des significations qui peuvent légèrement évoluer avec le temps et cela n’est ne paraît pas en concordance avec notre façon de vivre actuellement

      J’ai déjà en partie donné ma vision de cette phrase
      Ainsi pour rerésumer autrement je dirais :

      1/// il y a ce qui nous touche parce que cela résonne en nous (positivement ou négativement), vis à vis de notre histoire, cette façon est bien sûr totalement authentique, ici il n’y est pas fait allusion car ce n’est qu’une citation

      2/// il y a ce que nous faisons du fait d’être touché (prenons l’hypothèse que la résonance soit « négative » c’est à dire créatrice de peur et de souffrances) :
      2-1/// soit nous le gardons en nous (refoulement) et tôt ou tard cela sortira sous forme de violence (atteinte à la vie physique ou psychologique d’autres êtres vivants)
      2-2/// soit nous l’exprimons sous forme de demande de réparation ou de reconnaissance et en cas d’acceptation tout peut s’arranger, soit en cas de refus nous passons à l’étape suivante ou retournons à la précédente
      2-3/// soit nous l’exprimons (indignation) sous forme active et volontaire de rapport de force non-violent qui ne nous fera pas obligatoirement obtenir reconnaissance ou réparation mais qui permet de conserver une image de soi authentique et saine

      ce qui est rajouté dans la citation à mon avis par Etty c’est que

      1/// l’authenticité de la réaction est d’autant plus profonde que nous ne sommes pas personnellemnet et égotiquement touché par l’injustice
      2/// ne pas avoir de haîne n’empêche pas la réaction , le rapport de force, l’action non-violente (c’est un peu la différence subtile entre le pacifisme et la non-violence)

      pour finir sur ce que tu dis, en effet il faut être touché pour agir, mais soit on est touché d’une manière égotique (c’est à dire un droit nous est retiré par exemple) soit on est touché d’une manière « vivante » (ce que l’on fait aux autres on se sent comme touché, c’est la voie du Bodhisattva en fait, c’est pourquoi j’ai toujours gardé cette citation)

      chaleureusement

      frédéric

  5. Chacun son tour : Le maître puis l’élève !!

    J’observe que cette fois-ci, Frédéric fait tomber du ciel du consistant sur l’apprenti. Le maître était à deux doigts de se ramasser plus consistant (rien moins qu’un piano !) ; ici l’apprenti risque fort de ne recevoir qu’un pot de fleur.
    À chacun sa rétribution ! (Rires !) 🙂

    => Une remarque : Il me semble que « le tout » de la vie, manifestée ou non dans un quotidien tangible vécu comme ça arrive, ne peut pas être fixé, figé, dans une posture du genre attitude « guindée » faisant dire (dans une persuasion) : « Je reste neutre ! Plus rien ne m’atteint ni me blesse. »
    Il me semble que peuvent se produire « légitimement » de « saintes indignations et colères. Elles ne sont pas entachées de désir de vengeance.
    L’expérience montre aussi que des « non saintes colères », des colères non libres, des colères attachées à notre histoire peuvent être enfouies et rester cachées d’une pseudo-Zénitude. Lorsque, pour des raisons diverses, elles remontent se vivre et se montrer à l’évidence, il me semble qu’il faille commencer par ne pas chercher à se réfugier dans le connu d’une « zénitude » conditionnelle, d’une « nirvanicité » illusoire.
    Ensuite qu’il faille la considérer comme une greffe dont nous ne voulons plus, qu’elle nous parasite ou nous vampirise.
    Il ne s’agit pas de partir en guerre contre car nous alimentons alors cette énergie et ne la débloquons pas; tout juste l’enfermons-nous dans une bulle mentale et émotionnelle. Force nous est de constater que souvent, elle est la racine d’agresser autrui sans qu’il y ait nécessairement de raison objective réelle de la part des autres, // ou bien de retourner cette agressivité d’origine coléreuse contre soi-même (en particulier si l’on se veut non agressif, non violent vis à vis d’autrui.
    Il s’agit plutôt de constater qu’elle est là, qu’elle n’est pas nous ultimement.
    Qu’une instance de notre personnalité observe.
    De conscientiser qu’en fait cette part observatrice de nous, n’est autre que la conscience pure, la conscience vide de tout contenu, vierge de causalité, absente de karma.

    Alors on comprend que ce que l’on nomme « nirvana », « zénitude », « conscience sans objet », « neutralité de fait », « réel sans représentation distanciée », « ultime réalité », etc.
    N’est pas une émanation de nos élucubrations ou spéculations ou de notre théâtre mental sophistiqué se prenant pour… un réalisé ou toute autre chose illusoire similaire.

    À notre bonne santé physique, morale, mentale et émotionnelle à tous et bonne journée à chacun.

    => Autre note : Le dessin de Frédéric tend à montrer que si la présence du maître est nécessaire pour fournir la théorie et éventuellement contrôler l’avancé dans la compréhension, c’est en définitive le réel, le quotidien du pot de fleurs ou du Piano qui inculque la vérité.

    1. oui à tout cela et en effet la Vie est le maître ultime dont le maître ne nous pousse qu’à l’écoute

      aller pourvu que le ciel, le pot de fleur (il retombera encore) , le piano ne nous tombent pas sur la tête

      chaleureusement

      frédéric

  6. J’aimerais vous voir dans l’action, mes amis, par exemple sur un champ de bataille où ça mitraille dans toutes les directions, les bombes, les rockets et les obus pleuvent.
    C’est chacun pour soi et les belles réflexions transcendantales sont parfaitement absentes de l’endroit. Tout au plus, le soldat blessé à mort appelle sa mère avant de rendre son dernier souffle.
    Philosopher dans la paix est une chose…

    Laurent, l’empêcheur de méditer en rond !! :o))

    1. tu as tout à fait raison Laurent, c’est ce que j’écrivais et il n’y a pas (à mon avis) de philosophie hors la vie en elle même.
      Un champs de bataille , un silence face à des répressions, une acceptation du système libéral avec tout ce que cela détruit, tout cela est pareil, on est dans la Vie, avec nos réponses, nos peurs, nos fuites ou nos actions. Dans les tranchées (difficile de faire pire comme guerre militaire (comme chantait Brassens : « Moi, mon colon, celle que je préfère, C’est la guerre de quatorze-dix-huit! ») des soldats ont dit non, il y ont perdu leur vie pas par des Allemands, par d’autres Français, sous l’Etat Français des fonctionnaires, des citoyens ont dit non, ils l’ont pour certains payé très cher
      on est responsable, c’est à dire capables de réponse
      maintenant personnellement je ne juge pas ces réponses, me contentant de trouver les miennes et de les assumer dans le contexte de vie que je rencontre

      chaleureusement

      frédéric

  7. Bonjour l’ami Laurent.
    Tu ne gènes en rien ma méditation et ne l’empêche guère.
    Il faut dire que je ne pratique guère la méditation convenue et que je considère ma vie comme étant une médiation permanente qui, elle, ne tourne pas en rond.
    Je ne me plairais certainement pas du tout de te voir, ni personne, sous la mitraille d’un champ de bataille ou de fanatiques sanguinaires.
    Bien trop de monuments commémoratifs existent.
    La guerre de 14-18 a toujours eu un impact émotionnel très fort chez moi (enfant je regardais des vues « en relief » à travers un appareil qui me montrai les atrocités et de la violence explosive de la guerre ainsi que de son imbécilité.) Mon grand père qui l’avait faite ainsi que son frère en avait gardé le souvenir.
    Le film du bastiais, Gabriel Le Bomin, « Les Fragments d’Antonin », dont on a pu voir quelques extraits insérés dans les rappels documentaires, est remarquablement significatif à cet égard.
    Je ne sais ce que je ferais si je me trouvais mêlé de par la vie à de tels phénomènes de masse. Je pense qu’il faut être en situation pour le savoir. Ce que je sais c’est que les généraux et maréchaux « vat-en guerre » ont déclenché des boucheries inhumaines tout en restant propres de leurs personne dans leurs uniformes guindés et en sablant de manière mondaine le champagne.
    Ce que je sais par expérience, c’est qu’aucun affrontement armé n’a jamais fait progresser la paix.
    Ce que je sais aussi c’est qu’il est de ma liberté de chercher en l’être humain le meilleur plutôt que le pire.
    Ce que je sais aussi, c’est que participer à entretenir de la haine en moi (même sous toutes les meilleures intentions du monde), contribue à maintenir l’animosité entre les êtres.
    Et j’ai choisi, tel ambroise Paré de contribuer à soigner mes semblables plutôt que de contribuer à favoriser qu’ils s’entretuent et expriment sans retenue leurs instincts destructeurs et meurtriers.
    Ça s’appelle l’amour, la compassion.
    Je ne me présente pas en modèle, ni en exemple à suivre. Je n’ai aucune « soupe » spirituelle ou autre à vendre, ni aucune doctrine d’à priori.
    Je me contente de partager le monde au mieux de mes capacités.
    Je dis que telle est mon orientation et que chacun regarde le monde et y agit selon ce qu’il décide en son âme et conscience.
    La Self ne se laisse pas impressionner par noe tendeances et instincts belliqueux.

    En toute amitié d’humain au coeur ouvert et de tête froide.

  8. Merci de citer Etty Hillesum… en ces derniers temps, je ressentais vivement le besoin de me replonger dans son livre « Une vie bouleversée »… Je crains vraiment qu’elle soit devenue d’actualité….j’espère que je me trompe…merci.

  9. C’est marrant les recoupements, samedi je suis tombée sur la phrase de l’apôtre Jean qui disait « la vie est la lumière des hommes ». Et aujourd’hui ton dessin Frédéric. 🙂

  10. Je viens de lire ta nouvelle blague bouddhiste. 😉
    On appelle ça la dévotion, et c’est à respecter parce qu’on ne sait pas ce qui peut en sortir.

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