« Verre » de colère


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Cartoon translated to english by Jean-Claude Maitre cómic traducido al español por Roberto Poveda Comics traduzidos em português por Conceição
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« LORSQU’IL EST IMPOSSIBLE QUE LA COLÈRE NAISSE EN SOI, VOUS NE TROUVEZ AUCUN ENNEMI NULLE PART. UN ENNEMI EXTÉRIEUR N’EXISTE QUE S’IL Y A DE LA COLÈRE À L’INTÉRIEUR. » LAMA ZOPA RINPOCHÉ.

Zem est publié toutes les semaines sur le portail international du bouddhisme : Buddhachannel

CC

Tous les dessins de ce site “Zem apprenti maître Zen” sont mis à disposition par leur créateur Frédéric Baylot selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.0 France. Pour toute publication sur un site ou blog Web, ou pour obtenir des autorisations au-delà du champ de cette licence merci de me contacter.

LIEN COURT

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47 réflexions sur “« Verre » de colère

  1. ça paraît tellement simple et vrai, mais si difficile à réaliser dans la vie de tous les jours. La colère peut-être pas, mais la révolte, oui, elle est présente souvent dans ma vie quand j’entends parler de certains événements et de certaines choses qui m’apparaissent (oh, grand maître 🙂 ) comme des injustices. Tu vois, je juge, et je ne peux m’en empêcher puisque tu pourrais me rétorquer que puisque c’est, c’est juste (dans le sens de justesse et non de justice).
    Comment atteindre cet état sans état, cet état sans pensées, cet état où tout est neutre et égal ? Couper le son de la radio, fermer l’ordi qui affiche les infos même si on ne les a pas demandées, se réfugier dans un monastère ou une grotte ? D’abord, qu’est-ce qu’un ennemi ?
    Tes dessins sont vraiment adorables Frédéric, et j’aime l’humour que tu apportes pour montrer que nous sommes bien loin du détachement et de la réalisation (et que le maître est mis à rude épreuve). Mais n’est-ce pas aussi notre voie que d’être pleinement humains ?
    Je t’embrasse.
    Marie

    1. Tout d’abord cette sérénité n’est pas un état de larve endormie, elle comporte toujours il me semble des états de rébellion contre les injustices qui font souffrir des êtres vivants, on ne peut pas être béatement neutre (l’est ton réellement un jour ? Je crois qu’on voit toujours du point de vue d’un système, la Vacuité est une vision de la réalité, voit-on les « cordes » des chercheurs actuels dans la vacuité ? ;)) mais il nous faut nous impliquer pour aider les êtres à moins souffrir, cela implique de s’engager concrètement.
      Un exemple est pour moi l’abbé Pierre qui a conservé à tout âge cette capacité à l’indignation face aux injustices et à agir pour chercher à les faire cesser.

      La colère dont on parle dans le dessin de Zem, est autre chose. Qu’est ce qui est touché en moi quand la colère monte ? Quelle partie de moi je sens agressée ? Quelle est sa réalité ?
      Et même par rapport aux indignations, je renvoie vers le commentaire de Mifa j e peux être indigné par ce qui se passe, je peux faire qu’une personne n’agisse plus contre son bien ou celui des autres, et ne pas chercher à la rabaisser.

      bises et belle semaine à toi

      frédéric

  2. Je suis tout à fait d’accord avec cette affirmation ce qui ne signifie pas que j’y arrive systématiquement. J’ai bien aimé voir cette idée aussi bien résumée.
    Ceci étant, la colère n’est pas du même ordre que l’engagement et les interventions que nous estimons opportunes pour modifier ou exprimer ce que l’on estime contraire aux valeurs humaines ou humanitaires.
    la colère n’est qu’une émotion et à ce titre elle a au moins l’intérêt de secouer l’inertie du découragement.
    N’empêche qui si on peut trouver une émotion plus agréable pour obtenir le même résultat (compassion, par exemple) c’est mieux.

    1. Oui tout à fait d’accord avec cela, on parle de « saine colère » je ne crois pas qu’il y en ait, mais il est vital d’avoir une capacité à l’indignation qui repose sur des valeurs constructives comme en effet l’amour et la compassion.

      Merci de ton commentaire

      chaleureusement

      frédéric

    1. NB : ne plus trouver d’ennemi ne veut en effet pas dire qu’on ne trouve pas des actes imbéciles qui agressent la vie, et qu’on doit faire ce qu’on peut pour les remplacer par des actes constructifs 😉

  3. A propos de l’indignation,
    On pourrait dire ceci ..

    Je suis profondément en colère
    De tout mon être, de tout mon sang
    C’est une colère paisible
    Qui s’avance en souriant.

    Nulle personne à abattre
    Puisqu’il n’y a pas de combat
    Juste le désir opiniatre
    de Servir la Vie ici bas.

    Et si j’emploie le mot colère
    Pour décrire ce qui vibre en moi
    C’est que son énergie
    Est au service de la Joie.

  4. Oui, mais trouver que des actes sont imbéciles conduit à supposer qu’ils ont été commis par des imbéciles…! :o)))))
    Sinon, oui, comment dans un monde ou règne en effet la bêtise, la méchanceté, la haine, la violence, l’injustice, l »inégalité, l’inéquité, le malheur, etc, ne pas avoir envie de se révolter, de juger, de condamner et de réagir, ne serait-ce que par des mots.
    Comme je le dis souvent, tout le monde prend parti parce qu’il pense que ce côté-là est juste. Mais chacun de son côté le pense. Tout le monde a tort et tout le monde a raison, selon le point de vue où l’on se place.
    Mais il est difficile de ne pas avoir un avis sur toute chose.
    Alors, que faire?
    Les gens les plus pacifiques sont aussi des humains qui souffrent…

    1. Qualifier qqn d’imbécile c’est lui mettre une étiquette
      D’abord quelle compétence j’ai pour le faire ?
      Ensuite comme tu le dis, je ne le fais que de ma place, donc c’est limité voir faux
      Ensuite cette personne peut évoluer dans le temps, alors est-elle toute sa vie l’acte qu’elle a posé à un moment ?

      Simplement une anotation, qui ne contredit pas ce que tu dis, mais qui me semble le compléter : dans notre monde il y a aussi de l’amour, de la tendresse, du partage, de la solidarité, il n’y a pas que ce que tu dis 😉

      Pour ce qui est des jugements, des points de vue, de la vérité, de la réalité, j’en reviens souvent à Watzlawick et son invention de la réalité , ce qui entraîne : tolérance (je pourrais m’expliquer sur ce terme qui est à minima pour moi car encore trop jugeant), responsabilité, liberté & prise de conscience de notre invention de la réalité

      Pour la souffrance, en effet , c’est ce que disait le Bouddha, l’inconfort est dans toute situation humaine, si nous ne travaillons pas dessus.

      amitié

      frédéric

  5. Mais le dessin est sympa. Le maître sera-t-il en colère à cause du bol cassé? C’est très grave, de toute façon…!! ;o)))

    1. On ne sait pas encore s’il va être en colère, pour l’instant il parle, mais quand sa pensée passera en actes, que va-t-il se passer ? 😉

      je t’embrasse

      frédéric

    1. Oui d’un point de vue Cosmique, d’un point de vue de l’Univers, peut être que rien n’est grave, encore que comme Etty Hillesum nous le rappelle, la Réalité est faite de tout ce qui la compose, et donc qu’aucun élément ne peut être considéré comme mineur, et donc que tout est grave :
      « Un poème de Rilke est aussi important qu’un garçon qui tombe d’un avion. Tout cela est la réalité du monde, tu n’as pas à privilégier l’un au détriment de l’autre »

      Mais d’un point de vue de celui qui souffre, sa souffrance est grave, et comment pourrions nous ne pas l’entendre ?
      Surtout quand cette souffrance, par exemple concerne des enfants, ou des peuples entiers ?
      Et puis chaque acte posé qui peut faire diminuer une souffrance, est futile, mais tellement utile pour celui dont la souffrance diminue
      Comme le dit l’histoire symbolique :  » Ça change tout pour celle-là !

      Mais ceci dit tu as raison, ce qui est, est, on ne peut le changer dans l’instant, il faut l’accepter, mais cela n’implique-t-il pas dans le même instant d’agir pour changer les choses qui adviendront ?

      je t’embrasse

      frédéric

      1. en fait je me suis mal exprimée
        je voulais dire « rien de ce qui m’arrive n’est grave en fait »
        Tu vois, tous les trucs qui se passent dans la vie et qui me paraissent une montagne, ils ne sont pas graves en fait, au regard de tout ce qui se passe pour certains peuples comme tu viens de le souligner

  6. s’te plaît, Lung Ta, est-ce que tu aurais d’autres blagues bouddhistes ? J’ai déjà lu trente fois (au moins !!! 😉 ) celle qui s’affiche en haut à droite.
    Merci.

    1. c’est l’histoire d’un mec.. qui avait chanté tout l’été
      et se trouva fort dépourvu quand la bise fut venue
      Une nuit, il fit un rêve : une voix lui disait qu’il existait dans telle ville lointaine un trésor caché à un certain endroit. A son réveil, il partit aussitôt pour la ville en question, mais arrivé là bas, démuni de tout, il se résolut à mendier.
      Comme il errait dans les rues, il fut saisi par une patrouille qui le prit pour un voleur, et quant il put enfin s’expliquer, il raconta son rêve avec un tel accent de sincérité qu’il convainquit le lieutenant de police.
      Ce dernier s’écria :  » mais comment as tu pu être assez stupide pour entreprendre un si long voyage en te fondant sur un rêve? Moi, j’ai rêvé bien souvent d’un trésor caché dans telle ville, dans telle maison, telle rue, mais je ne me suis pas mis en route pour autant »
      Or, la ville, la maison et la rue que venait de décrire l’officier de police était celle du voyageur .. qui retourna chez lui où il trouva effectivement le trésor enfoui dans sa propre maison.
      Conclusion : autant continuer de chanter
      puisque le trésor est sous nos pieds 🙂

    2. Non de Zeus ! 😦
      J’ai fait pas mal de changements dans ma façon de travailler (avec tout le boulot que me donnent mes scénaristes sur d’autres séries :lol:) depuis l’arrêt du site LTZ et j’ai complètement oublié de changer ces histoires bouddhistes (qui souvent le sont autant que moi 😆 )
      Promis je tache de changer cela dès demain matin.

      bises et merci du rappel

      frédéric

      1. AH ouais, c’est sûr, qu’avec 6 chapitres de LL qui piétinent d’impatience, sans compter tes autres séries, tu as du boulot… 😉

      2. Et au sujet de ta blague tibétaine, je crois que je comprends très bien l’allégresse du villageois rentré chez lui. Je serais comme lui.
        On m’a raconté, et pas en manière de blague, que lorsque le Bouddha passait hors de portée de la plus grande partie de la foule, certaines personne, de loin, lui jetaient un caillou dans l’espoir de l’atteindre, afin d’avoir avec lui une connection, au moins celle-là.

        1. eh bien moi elle m’a bien fait rire cette blague !
          mais un peu plus sérieusement : « tout plutôt que l’indifférence » … 😉

  7. Comment faire pour que la colère ne naisse pas à l’intérieur. Sur le papier cela paraît simple mais la réalité peut être tout autre. Comment une injustice qui vous a frappé de plein fouet et qui ne peut être réparée est-elle possible à oublier quand elle s’accompagne d’un cortège de souffrances et de rancoeur à l’égard de ceux qui se sont laissés aller aux pires sentiments. Non, être zen dans ce monde n’est pas permis à tout le monde, c’est même trop souvent un luxe que seuls privilégiés peuvent s’offrir… Je ne renonce pas à l’être autour de moi, avec celles et ceux que j’aime mais il y a des lois naturelles plus fortes qui gouvernent. Je ne suis pas un guerrier au sens où je n’ai pas la volonté de faire la guerre mais la violence est parfois un rempart contre plus de violence et davantage de guerres. J’ai accompli il y a quelques années le voyage au monastère de Shaolin dans la province chinoise de Henan où j’ai retrouvé les moines guerriers avec lesquels j’étudiais le kung-fu destiné selon eux à découvrir ma véritable nature et j’y ai appris une chose : qu’il ne fallait jamais permettre à son ennemi de mettre votre vie en danger. Comment ? en lui montrant votre détermination, c’est peut-être cela aussi le rempart contre la violence : la détermination. J’ai tiré cet enseignement de la boxe dite des « disciples de Bouddha » (lohan quan) qui consiste à neutraliser plutôt que tuer. Ce serait l’idéal de neutraliser sa douleur et sa colère comme de neutraliser ceux qui sont responsables. mais voilà ça n’est pas toujours possible. Aussi les moines de Shaolin ont créé d’autres boxes destinées, dans ces cas là, à tuer quand il n’y a pas d’autres réponses possibles. Simplement.
    En espérant ne pas avoir heurté votre sensibilité,

    Thierry

    1. le comm de Thierry me fait penser à un livre que j’ai lu ya quelques temps ..
      « l’oeil du tigre » de Tony Anthony (l’autobiographie d’un champion de Kung Fu)

    2. Merci Thierry de ton témoignage

      Tout d’abord bien souvent, il n’y a RIEN à oublier, oublier c’est souvent FAIRE SEMBLANT d’oublier et c’est bien pire
      La phrase du jour sur Twitter et Facebook est : « Les émotions dont nous ne nous occupons pas s’occupent de nous. »
      oublier est une 1ère violence (vis à vis de nous-mêmes)

      Comment faire pour que la colère ne naisse pas à l’intérieur ?
      Je dirais qu’il ne faut pas chercher à ce que la colère ne naisse pas
      mais chercher à apprendre à la voir surgir.
      La colère est un sentiment qui est fort pour autant qu’on ne s’occupe pas d’elle mais qu’on lui laisse les clé de la voiture, si on lui dit OK tu peux monter mais c’est moi qui conduit petit à petit elle perdra de son impétuosité
      Maintenant PERSONNE n’a dit que c’était facile, cela se saurait 😉
      cela demande de la pratique, de la détermination comme tu le dis
      c’est un choix, parfois difficile
      et « Tout ce qui échoit est choix. » comme dit Eric d’Antimo 😉

      Ensuite être zen n’est certainement pas (de mon point de vue) être cool, gentil, coulant, niais, pacifiste etc…
      Pour moi c’est être VRAI, authentique, cela implique d’être en capacité de SE VOIR, on dit de voir la nature de son esprit
      là aussi rien de facile 😉
      On peut donc être zen et pousser un coup de gueule ou agir avec force et détermination pour préserver la vie
      c’est en effet un luxe, mais certainement pas de privilégiés, mais de personnes au contraire qui petit à petit se défont de ce qui semblait leur appartenir pour devenir de plus en plus humbles
      Oui c’est permis à tout le monde, mais non ce n’est donné à personne
      Etty Hillesum est un bel exemple de personne zen (elle qui pourtant a fini dans un four crématoire parce que simplement elle était juive, alors qu’elle semblait dire qu’elle se trouvait plus proche du Christ comme enseignant et que personnellement je la trouve très proche des enseigants zen) et son contexte de vie n’était pas particulièrement un cadre feutré du XVI° !

      Quelles sont ces lois naturelles plus fortes qui nous gouvernent ?
      si tu peux nous en dire plus, merci

      La violence n’est JAMAIS un rempart contre la violence. La violence engendre toujours tôt ou tard de la violence.
      Néanmoins je comprends tout à fait, et me trouve régulièrement dans de telle situations, où tu ne sais plus quoi faire et par défaut on utilise la violence. Pour moi c’est toujours un échec, mais je l’assume, car comme tu le signales, si on doit préserver sa vie ou celle d’un autre, si on ne trouve pas d’autres moyens on utilisera la violence.

      Je ne connais pas les moines Saholin (en dehors de ce que j’ai pu en lire) donc difficile pour moi d’en parler. Mais le corps étant l’outil idéal pour le travail sur soi, comme on le fait par la pratique de zazen, les arts martiaux me semblent une belle voie pour ce même travail. Je n’ai qu’un modeste passé dans l’aïkido et le karatédo, mais j’y serais aussi à l’aise maintenant que face à un piano 😉

      Je suis en tout cas d’accord qu’il faut tout faire, sans violence, pour ne pas permettre à l’autre d’intenter à toute vie, dont la notre. Et certainement des pratiques comme celle dont tu parles, ou l’aïkido sont superbes pour cela, elles neutralisent l’adversaire sans violence mais avec force, et plus il cherchera à lutter plus la prise se retournera contre lui, c’est donc lui qui maîtrise la souffrance qu’il subira
      Bon mais il faut pouvoir le mettre en oeuvre en cas d’agression, entre un tatamis et la réalité citadine (ou rurale) il y a la mer 😉

      Pour les moines de Shaolin ce qu’ils ont inventé correspondait certainement à une certaine époque, je ne connais pas comme je te l’ai dit, mais pour moi un disciple du Bouddha ne PEUT PAS inventer une technique pour tuer un autre être vivant.
      Il peut tuer par inadvertance, par dépit, mais certainement pas créer qq chose pour tuer, pour moi c’est antagoniste.

      Maintenant la non-violence est aussi un apprentissage qui demande aussi de la détermination, car elle nécessite d’apprendre à se servir de rapports de force qui puissent neutraliser ceux qui sont violents.

      Merci encore pour cet échange

      chaleureusement

      frédéric

      1. je voudrais juste préciser dans ce que tu as écrit Frédéric en répondant à Thierry, qu’Etty a choisi (CHOISI) de ne pas s’opposer à son destin car elle a eu la possibilité plusieurs fois de fuir, d’être cachée, de n’être pas sur la liste
        elle avait une position « privilégiée » dans le camp de Westerbork (duquel elle entrait et sortait librement, si tu te rappelles)
        en fait elle était employée par les Allemands en qualité d' »aide sociale » (on aurait dit aujourd’hui assistante sociale) aux populations juives en transit
        C’est donc comme ça qu’elle est entrée à Westerbork et non en tant que déportée (Cela n’empêche pas qu’elle s’inventait toutes sortes de tâches et se dépensait sans compter)
        je trouve que c’est important de le mentionner car même dans ce contexte profondément dramatique, Etty a fait des choix pour sa propre vie
        elle a eu plusieurs fois l’occasion de ne pas être déportée et elle a choisi de ne pas s’opposer à sa destinée

  8. Selon les enseignements du Bouddha , la condition essentielle au bonheur est la liberté.
    Il s’agit de se libérer de ces constructions mentales : la colère le désespoir, la jalousie,et l’illusion. Ce sont des poisons qui nous rendent le bonheur impossible.
    Pour se libérer de la colère il nous faut pratiquer. En pratiquant régulièrement nous apprenons à maitriser notre souffrance, et nous ressentons pour » l’autre » de l’amour.
    Bises

    .

    1. même en pratiquant Anne Marie je pense que ça dépend quand même des événements extérieurs
      si t’es dans un milieu paisible où on ne t’agresse pas ce sera plus facile de ne pas te mettre en colère que si on vient attaquer un de tes enfants par ex
      non ?

      1. Chère Ambre,

        Il me semble avoir lu dans un de tes autres commentaires (peut être sur un autre site) que tu disais que certains ont tout pour être heureux et ne le sont pas, de la même manière la notion de milieu paisible est très relatif.
        j’ai vu un lama tibétain discuter avec une personne occidentale dépressive et lui dire « vous habitez une belle région, vous avez une belle famille, un travail, une maison, vous mangez tous les jours, que voulez vous de plus pour être heureuse ? »
        (il avait raison, ceci dit j’ai trouvé sa phrase assez violente car elle niait néanmoins la souffrance de la personne, bon ce n’est qu emon point de vue, je ne suis pas lama 😆 )

        Si maintenant on est dans une situation extrême qui demande une réponse urgente, la colère n’est certainement pas la meilleure conseillère pour agir avec force, donc retour case départ
        si on est dans une situation extrême qui ne demande pas une situation urgente (par exemple une personne proche est enlevée, on n’a pas de nouvelles des ravisseurs ou on ne sait pas où ils sont), là encore la colère n’est en rien efficace pour résoudre le pb

        Maintenant tout cela ne veut pas dire que la colère qui monte ne soit pas légitime
        bien sûr qu’elle l’est
        mais alors c’est comment soit on accueille cette colère, soit comment on peut accompagner la personne qui voit sa colère monter

        je t’embrasse

        frédéric

        1. tu dis : »ceci dit j’ai trouvé sa phrase assez violente car elle niait néanmoins la souffrance de la personne, bon ce n’est que mon point de vue, je ne suis pas lama  »
          Si tu as déjà vu un lama nier une souffrance, je me fais tout de suite témoin de Jehovah ! (qui ont le droit de penser ce qu’ils pensent, hein, c’est pas une critique !)
          Je pense plutôt que ce lama donnait un enseignement visant à replacer la vision de la personne dans une perspective plus réaliste et moins porteuse de souffrance, justement. Lui faire prendre conscience du bonheur dont elle jouit et qu’elle oublie, parce qu’elle se focalise sur autre chose qu’elle n’a pas ou n’a plus.
          Mais dire qu’un lama nie une souffrance, alors que c’est la base des enseignements du Bouddha !!!

          1. je relis la phrase du Lama Zopa Rinpoché, et je me dis qu’il faudrait qu’il n’y ait pas de mots
            en fait dès l’instant où il y a des mots, il y a interprétation, donc confusion
            ya qu’à voir tout ce que ce simple mot « colère » génère comme réactions
            Chacun le « vit » selon là où il en est et surtout selon ses références et ses croyances
            A d’autres moments, je me dis « heureusement, il y a des mots » …
            je ne suis pas à un paradoxe près 😉
            Bon dimanche à toi Frédéric et bon dimanche à tous
            🙂

            1. J’ai eu l’occasion d’être près de grands maîtres, de maîtres qui n’étaient pas reconnus comme grands mais qui l’étaient pour moi, les moments passés à côtés d’eux ont été de vraies sources d’enseignements, bien plus que tous les mots que j’ai pu recevoir
              Néanmoins les mots ont leur utilité en effet, même s’ils ont leurs limites
              Il n’est pas nécessaire d’avoir des mots pour dire je taime mais le dire peut aussi être une bénédiction 😉

              Le week-end a été riche, d’enseignements et de partage, de silences et de mots 😉
              MERCI

              bises et belle semaine à toi

              frédéric

          2. Tout d’abord je n’ai pas dit qu’il niait la souffrance, j’ai dit que ce qu’il disait niait la souffrance (différence entre l’acte et la personne)
            Ensuite les lamas sont des humains, donc en effet j’en ai rarement vus (?) qui niaient la souffrance, mais bien sûr que j’en ai vu qui en créaient.
            Enseigner de cette manière comme tu le décris est très oriental, mais en occident, c’est perçu comme une négation de la souffrance vécue. C’est comme de dire à un enfant qui vient de se cogner : allons tu n’a pas tant mal que cela, tu aurais pu te casser le bras.

            Ah pour ce qui est d’être Témoin de Jéhovah, tu fais comme tu sens, l’important est de trouver une voie qui nous permette de vivre dans l’amour 😀

    2. Oui tout à fait Anne-Marie, merci
      En fait je ne pense pas qu’on maîtrise vraiment notre souffrance, mais le mental ne vient plus se poser sur la douleur de la même manière, nous avons alors notre histoire, qui peut être douloureuse, mais nous n’en faisons pas tout un roman 😉

      Souffrant au quotidien dans mon corps, ce que j’explique c’est que mon cheminement est de faire que cette douleur (neurologique) ne devienne pas une souffrance (mentale)

      je t’embrasse

      frédéric

  9. Anne-Marie, comment est-il possible de « ressentir de l’amour » pour ceux dont la haine ont meurtri la chair de ta chair ? Bien sûr que la colère est un poison et crois moi je sais de quoi je parle pour en être sorti plus ou moins indemne mais la cicatrice est là tel un signe pour me rappeler à la vigilance, au regard lucide sur l’autre (je veux dire ne pas être naïf). Ma colère a été ma meilleure alliée et lorsqu’elle m’abandonnait parfois je tombais dans les bras du désespoir. Je préfère ma colère.

    1. Dans un témoignage aussi fort, il me semble qu’il y a peut être mélange de choses différentes ce qui introduit de la confusion en soi

      Oui on peut ressentir de l’amour pour les/ses bourreaux, et je peux encore cite Etty Hillesum ou les moines tibétains qui ont été emprisonnés et torturés par des soldats chinois et qui en parlent ensuite.
      Non cela n’est pas du tout évident et à la portée de tout un chacun suivant un claquement de doigt, c’est issu d’un long cheminement toujours en oeuvre, on n’est jamais sûr je pense de ne pas céder à la colère, c’est face à chaque évènement qu’on trouve (ou pas) la réponse idoine

      Les cicatrices sont les marques de notre vie, elles ne disparaissent pas, aussi atroces qu’ont été les douleurs qui les a provoquées (je pense pour avoir été proche de personnes qui ont perdu leurs enfants par exemple, comment oublier cela ? comment pouvoir dire « il faut oublier et passer à autre chose », dire cela serait tuer une seconde fois ces enfants pour ces parents)
      Mais elles sont en effet un témoignage et comme tu le dis très un appel à la vigilance

      Et en effet je ne crois pas qu’il faille être naïf (ce qui serait le fameux soyez zen que nous servent les publicités mais qui ne correspond à rien de la voie zen) mais être au contraire le regard ouvert

      Je comprends tout à fait que la colère puisse à des moments d’abattements sembler être la meilleur alliée pour tenir
      mais il faut arriver à en sortir sinon elle finit par miner le corps (réellement et physiquement en fonction des sécrétions endocriniennes secrétées pendant la colère)

      très chaleureusement

      frédéric

  10. Thierry, Il m’est impossible de m’abonner flux rss de ton site, error (pas dé la banque en votre favor 😉 )
    peux tu me dire comment faire ?
    merci
    chaleureusement
    frédéric

  11. Bonjour à tous
    Je trouve tous ces témoignages et échanges passionnants, mais peut-être aussi un peu angélistes. La colère existe, c’est une réponse psychique à une situation donnée.
    Il faut faire avec. Bien sûr que la colère est mauvaise, mais elle est là et c’est déjà bien si on arrive à la canaliser.
    Mais nous, gens libres et heureux de peuples libres et heureux de l’occident, que savons-nous de ce qui donne et entretien de la colère chez tous les humains des peuples persécutés.
    Et puis, si on vient assassiner sans raison toute ma famille dans ma maison, je ne suis pas prêt à tendre l’autre joue. Je serai en colère et tous les beaux discours n’y feront rien. Que dis-je en colère, je serai habité par des envies de meurtre, de vengeance, de justice par le glaive afin d’apaiser la haine qui sera en moi.
    Ce qui s’applique à un moine bouddhiste dans un monastère tibétain ne marche pas forcément pour tout le monde.
    La colère est présente partout et tout le temps dans notre société où l’injustice frappe à chaque instant. Pas l’injustice légale, mais la morale, la psychique, la plus insidieuse et la plus destructrice.
    Cela dit, si la colère ne nait pas en soi, il n’y a pas d’ennemi à l’extérieur, ça se dit sur le plan neutre (il n’y a pas). Mais pour la plupart des gens le neutre n’existe pas dans leur vie. Tout est positif ou négatif, bien ou mal.
    Et puis, le problème n’est pas de savoir ce qu’engendre à l’extérieur ce qui se passe en nous mais bien le contraire. Déjà très fort psychiquement celui qui est capable de ne pas répondre à l’extérieur ni à l’intérieur à l’agression extérieure.
    Enfin, si vous me suivez…! :o)
    Bonne journée. Amitiés à tous.

  12. Je partage tout à fait le ressenti de Marie Knipper, le 31 05.
    En effet, notre ami Frédéric nous fait bien rire et nous fait bien réfléchir et qu’il en soit mille fois remercié et béni…! :o)
    Pour ce qui est juste, de la justesse et non de la justice, c’est comme pour beaucoup de choses, nous en avons des approches tellement variées et différentes…
    Un sujet du même style se rapporterait à la normalité. La norme. Qu’est-ce qui est normal et qu’est-ce qui ne l’est pas? Personne ne possède la clef de ce genre de chose et c’est ce qui en fait la richesse et la diversité. Parce qu’en fait la réponse est contenue dans tellement de données, d’options et de points de vue différents qu’il est impossible d’en dégager un consensus ni même une vision la plus largement partagée.

  13. LaLune…Je comprend ce que tu ressens ton témoignage est très fort et rempli d’une énorme souffrance !
    Depuis plusieurs années que je pratique et ce n’a pas été toujours facile de pardonner aux personnes qui m’ont font du mal …mais je peux dire par expérience que grâce aux enseignements , au yoga, et à la méditation je suis plus sereine moins attachée aux évènements…quelquefois j’arrive à prendre du recul, quand je sens la colère monter déjà j’en ai pris conscience et elle est moins violente , je l’a reconnais et l’accepte et après j’essaie de chercher ce qui est touché chez moi.

    Je comprend que cela n’a rien à voir avec ce que tu as vécu ..simplement de partager mon expérience … reçois toute ma compassion.

  14. Ambre…
    Je ne suis pas à l’abri des agressions même dans un village. Bien sûr moins souvent qu’en ville , j’ai habitée 30 ans à Villeurbanne et tenue une boutique , des vols et des des agressions c’était très souvent .Deux de mes filles se se font agresser à deux pas de la maison.
    Je me suis aussi fait agresser par des jeunes je n’ai pas du tout maitrisée ma colère je me suis défendu avec beaucoup de colère .. et j’ai perdu, je n’avais aucune chance de les faire fuir … les gens nous regardais sans bouger.. après j’ai eu très honte.
    Tout cela m’a permis d’appendre à mettre en pratique , je peux même dire que je remercie d’avoir vécu tout ça, qui m’a permis d’avancer et de pratiquer… sur le chemin de vie pas toujours facile.
    Douce soirée Ambre

  15. Frédéric , le flux RSS (sur l’entête) en fonctionne pas et je ne parviens pas à le régler. En revanche, le fil RSS dans la colonne de droite lui fonctionne parfaitement.
    Cordialement,
    Thierry
    Merci Anne-marie pour ton témoignage de sympathie mais je veux te rassurer, on parvient à vivre malgré les épreuves douloureuses et il y a des gens sur ce monde qui mérite davantage notre compassion.

    1. Oui il a l’air de fonctionner (dans un 1er temps je tombe bien sur la page rss

      mais ensuite qd je clique pour le lire dans mon igoogle, voilà la réponse que j’ai :

      ah parfois c’est très ésotérique pour moi le net 😉

      chalereusement

      frédéric

  16. Pour résumer un peu cet échange :

    La colère est une réponse émotive qui est destructrice, qui cherche à rabaisser, voir à détruire l’autre quoi qu’il ait fait de plus ou moins répréhensible
    La violence n’est JAMAIS un rempart contre la violence. La violence engendre toujours tôt ou tard de la violence.
    Il faut faire tout ce qu’on peut, si possible sans violence, pour ne pas permettre à l’autre d’intenter à toute vie, dont la notre.
    Néanmoins on peut être dans une telle situations qu’on ne sache plus quoi faire et par défaut on utilise la violence.
    Dans des moments d’abattements la colère peut sembler être la meilleur alliée pour tenir mais il faut arriver à en sortir sinon elle finit par miner le corps (réellement et physiquement en fonction des sécrétions endocriniennes secrétées pendant la colère)
    Toute pratique non-violente demande un apprentissage et de la détermination, car elle nécessite d’apprendre à se servir de rapports de force qui puissent neutraliser ceux qui sont violents.

    Il n’a jamais été dit que ce travail sur les émotions soit facile
    Il ne s’agit pas de devenir amorphe, mais de conserver une capacité à l’indignation et la rebellion et à s’engager pour aider les êtres à moins souffrir, même si cette action est limitée
    Il n’y a RIEN à oublier ou ignorer car « Les émotions dont nous ne nous occupons pas s’occupent de nous. »
    « Pour aimer il faut être libre, pour être libre il ne faut pas avoir peur »  Valérie Guignabodet
    C’est pourquoi, pour éviter la souffrance liée à la peur le bouddhisme propose de se libérer de l’emprise des émotions qui nous emprisonnent.

    chaleureusement

    frédéric

    1. Oui, en fait je pense que cela ne l’est jamais, mais il est difficile de ne pas vivre dans les romans que nous inventons dans nos têtes, mais il est pourtant possible de rester ouvert à ce qui se passe dans l’instant, parfois, des parfois renouvellés, des parfois qui se suivent, et d’autres fois, non 😉

      chaleureusement

      frédéric

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